Le sex-shop - Luce Amyot
Luce Amyot

Mes seules limites, c’est moi qui les fixe. Le changement terrifie tout le monde, mais pas moi, il me stimule. Enfant dyslexique, ma mère a rejeté ce diagnostic et m’a appris à foncer et à m’épanouir pleinement. Pour moi, la vie est faite de challenge et de plaisirs, et de partage. Ce blog est un nouveau défi que je suis prête à relever !

Le sex-shop

Le sex-shop - Luce Amyot

J’ose à peine écrire ce qui m’est arrivé la semaine dernière. Sachez que je suis divorcée depuis quelques années, et la solitude me pesant, j’ai décidé de retrouver un nouveau compagnon. Non pas pour me remarier, mais juste pour pallier à cette solitude. À vrai dire, je ne fais pas grand-chose pour chercher un petit ami, je fais confiance au hasard qui me conduira dans les pas de celui que le destin aura élu.

Aussi, la semaine dernière, devais-je me rendre au dépanneur pour réapprovisionner mon frigidaire. Dans la rue qui y menait, je me suis retrouvée devant un sex-shop. C’était la première fois que j’y prêtais attention, alors que je passais devant à tous les jours, sans le voir. Après un regard alentour pour m’assurer qu’on ne m’observait pas, je me suis arrêtée devant la vitrine. Il y avait là des objets que je ne connaissais pas, et dont je n’osais imaginer l’usage. Plus loin dans la boutique, des mannequins de plastique aux formes avantageuses portaient de la lingerie affriolante, et là, je me suis mise à fantasmer, m’imaginant affublée de ces charmants dessous.

Il y avait aussi une femme, certainement la vendeuse. Elle rangeait des boîtes quand elle me vit. J’eus droit à un sourire accompagné d’un clin d’œil. Cela me gêna un peu, je dois l’avouer, et peut-être eut-il été préférable que je parte, mais le temps que je réagisse, la femme de la boutique me lança un signe d’invitation à entrer.

« Pourquoi ne pas me renseigner ? » me dis-je alors. Comme tout à l’heure, je jetais un coup d’œil autour de moi - j’aurais eu honte qu’on me voie entrer dans ce qui n’était pour moi qu’un lieu de perdition - et je poussais la porte. Un "ding-dong" me fit sursauter. J’avais l’impression qu’on me montrait du doigt de "là-haut". Je relevais mon col de manteau, et murmurais un timide « bonjour ».

- Bonjour madame, il y a un article que vous recherchez en particulier ?

- Euh ! À vrai dire, je ne sais pas... C’est la première fois que...

- Je vois, vous souhaitez surtout être conseillée. C’est pour plaire à votre mari ?

J’expliquais mon divorce et ma quête d’un nouveau compagnon. Alors la vendeuse me rassura, elle avait tout ce qui est nécessaire pour toutes les occasions :

- Prévoyez-vous la première rencontre, ou voulez-vous vous mettre en dispositions favorables en attendant ?

En termes voilés, elle me demandait si je voulais disposer de mon futur amant pour pratiquer, ou bien avoir des passe-temps solitaires en l’attendant. Je crois que j’ai rougi en demandant en quoi consistaient ces "dispositions favorables". Elle exposa alors sur le comptoir les objets que j’avais vus dans la vitrine, et m’expliqua sans pudeur la fonction de chacun, me faisant part de sa propre expérience pour argumenter l’intérêt de l’appareil.

- Ça marche avec une pile, ajouta-t-elle croyant me rassurer.

Mais cela eut l’effet contraire. Je venais d’assister à une formation injection botox quelques jour avant, et cela m’avait dégouté des accessoires qu’on s’applique sur le corps. Je laissais la vendeuse à ses pinces, chaînes, vibreurs, et autres instruments de torture en disant que je reviendrai lorsque j’aurai trouvé l’homme de ma vie.

Bien sûr, j’ai menti... quoi que ?