Le mariage d'Annie - Luce Amyot
Luce Amyot

Mes seules limites, c’est moi qui les fixe. Le changement terrifie tout le monde, mais pas moi, il me stimule. Enfant dyslexique, ma mère a rejeté ce diagnostic et m’a appris à foncer et à m’épanouir pleinement. Pour moi, la vie est faite de challenge et de plaisirs, et de partage. Ce blog est un nouveau défi que je suis prête à relever !

Le mariage d'Annie

Dans ma vie, j’ai besoin d’être organisée, car j’ai des activités, professionnelles et personnelles, qui sont chronophages. Entre mon engagement bénévole dans une association d’aide aux plus démunis, une adhésion à un cercle de lectrice, l’entretien de mon jardin, et de ma maison, je n’ai plus beaucoup d’heures dans la semaine à consacrer à des sorties entre amis. Plusieurs fois, j’ai dû refuser les propositions de concerts, de repas au restaurant et de vernissages que mon entourage m’avait faites. J’ai une faculté à me reposer étonnante, selon ma mère. Cependant, le temps n’est pas extensible selon ma volonté, je ne peux donc matériellement pas me dégager de certaines obligations. De plus, je pratique plusieurs sports, dont la course à pied et la randonnée, mais aussi, la natation, le yoga et le bowling. Pourtant, quand Annie m’a envoyé le faire-part de son mariage, j’ai tout fait pour y aller.

J’avais un Projet de cuisine qu’une entreprise spécialisée m’a aidée à concrétiser. Je profitais de mon nouvel aménagement quand la future mariée m’a envoyé l’invitation. Elle précisait que le trajet pour se rendre au lieu de la réception serait long. Pour ceux et celles qui le souhaitaient, une semaine sur place était possible. Je connaissais le lieu où les mariés fêteraient leur union. La demeure des parents du marié avait une capacité d’accueil formidable. Je me suis rendue à de nombreuses reprises pour des weekends prolongés dans cette propriété. Les jardiniers, car il y en a plusieurs, y travaillent chaque jour. Les roseraies se succèdent et de petits jardins secrets sont disséminés un peu partout. Au printemps, les odeurs sucrées des fleurs se diffusent dans le parc.

C’était au mois de juin que le mariage aurait lieu. J’ai tout planifié pour être libre une semaine entière. Rester avec mon amie et son conjoint était un pur bonheur. Notre adolescence a été merveilleuse, pleine de ces instants magiques chez ses parents, et de nos sorties en ville, dès que nous avons eu vingt ans. Par contre, quand j’ai regardé dans mon armoire et ma penderie, je n’ai pas vu de tenue assez belle à porter pour cette occasion. Me déplacer dans des boutiques de vêtements fut impossible à repousser, lorsque je vis que seuls trois jours me séparaient de mon départ. Par chance, j’ai eu des robes, des jupes et des pantalons, et autant d’accessoires, dans un même endroit. Sereine, je suis partie sans plus me soucier de rien.