Bien équipée pour cuisiner - Luce Amyot
Luce Amyot

Mes seules limites, c’est moi qui les fixe. Le changement terrifie tout le monde, mais pas moi, il me stimule. Enfant dyslexique, ma mère a rejeté ce diagnostic et m’a appris à foncer et à m’épanouir pleinement. Pour moi, la vie est faite de challenge et de plaisirs, et de partage. Ce blog est un nouveau défi que je suis prête à relever !

Bien équipée pour cuisiner

C’était par une belle journée de printemps que j’ai acquis ce nouveau condominium. Situé dans une ville proche de celle où j’habitais précédemment, j’avais gardé mes habitudes et j’allais encore voir les commerçants de mon ancienne rue et du même cabinet dentaire Québec. J’avais plus de temps qu’avant, car je m’étais rapprochée du lieu où je travaille. Je pouvais me déplacer, en fin de journée, pour faire quelques courses, même si les boutiques étaient un peu éloignées de chez moi. De plus, j’avais quelque peine à laisser mes quelques amis et toutes les connaissances que je m’étais faites dans mon ancien quartier. Marie était devenue ma coiffeuse attitrée, Jean ne pouvait pas passer une semaine sans me voir, car il a les meilleurs fruits, Arthur sait que je viens environ une fois par mois pour lui acheter du café en grains et des infusions. Monique est toujours disposée à me recevoir pour que nous prenions un thé ensemble.

Elle est la propriétaire d’une très jolie maison avec un modeste jardin, mais le tout situé en pleine ville. C’est très agréable, car les murs en brique qui enserrent le jardin sont un véritable rempart contre le bruit urbain. C’est un écrin de verdure aux multiples aspects qu’elle a façonné année après année. Elle s’est inspirée du courant des jardins anglais, en mêlant avec habileté les espèces de plantes vivaces et les rosiers, les spirées et les graminées. Une table en fer et quatre chaises sont posées sur une terrasse en pavé. Un sureau procure une ombre providentielle, en été. Ses fruits doivent être ramassés avant que les quelques oiseaux ne les mangent, car mon amie les transforme en une délicieuse confiture. Je la déguste chaque année, sur des petits pains briochés, que j’apporte.

J’ai une recette fantastique pour réaliser ces délicates viennoiseries. La quantité de beurre et le temps de repos sont deux facteurs essentiels pour les réussir. Une autre donnée vient tout changer, si elle n’est pas assurée avec tout le soin nécessaire, c’est le pétrissage. D’aucuns diront que les machines sont assez performantes, à l’heure actuelle, pour remplacer la main de l’être humain. Quant à moi, je trouve la mie plus aérée et le pain brioché bien meilleur si je le pétris de mes mains. C’est un grand débat avec Monique, qui est plutôt adepte des robots qui lui apporte une aide en cuisine. Elle a tout, du cuiseur à la vapeur aux fouets électriques les plus sophistiqués.